RGIE 2026 courant continu : ce qui entre en vigueur le 1er avril

Depuis le 1er avril 2026, le RGIE 2026 courant continu comble un vide réglementaire vieux de plusieurs décennies : pour la première fois, le Règlement général sur les installations électriques décrit explicitement les schémas de mise à la terre TN, TT et IT en courant continu, ainsi que les mesures de protection adaptées au DC. La modification résulte de l'arrêté royal du 6 octobre 2025, publié au Moniteur belge le 29 octobre 2025, et s'applique aux Livres 1 et 2 du RGIE [1][2].

Pourquoi le RGIE intégrait jusqu'ici uniquement l'AC

Jusqu'au 31 mars 2026, le RGIE belge ne décrivait formellement que les schémas TN, TT et IT applicables au 230/400 V alternatif. Or, la généralisation du photovoltaïque résidentiel, des batteries domestiques au lithium et des bornes de recharge en mode DC a multiplié les sections d'installation où le courant continu circule en permanence, parfois à des tensions supérieures à 600 V DC côté chaîne PV. Sans schéma de référence, chaque installateur et chaque organisme agréé (Vinçotte, Normec BTV, ACEG, SGS, Socotec) devait extrapoler les principes AC, ce qui créait des divergences d'interprétation lors du contrôle de conformité [3].

L'arrêté royal du 6 octobre 2025 ferme cette zone grise. Il actualise les définitions générales, les règles de protection contre les chocs électriques indirects, le choix des matériels et la terminologie technique pour qu'elles couvrent explicitement le DC [1].

Les trois apports concrets du RGIE 2026 courant continu

1. Schémas de mise à la terre TN, TT, IT spécifiques au DC. Chaque schéma DC reçoit sa propre définition, ses caractéristiques d'installation et ses mesures de protection associées. Les installateurs disposent donc d'un référentiel unique pour câbler la partie DC d'un onduleur hybride, d'un coffret batterie ou d'une borne de recharge à charge rapide [1][3].

2. Seuils différentiels adaptés au courant continu. Le texte distingue le DC lisse (courant continu pur, sortie d'une batterie lithium) du DC non lisse (courant continu avec ondulation résiduelle, sortie d'un champ photovoltaïque). Cette distinction conditionne le choix du dispositif différentiel à courant résiduel (DDR) côté DC, dont la sensibilité doit être compatible avec la forme d'onde réelle [4].

3. Vocabulaire et matériels mis à jour. Le Livre 2 introduit une terminologie cohérente pour les câbles, raccordements et organes de coupure DC, et les règles de sélection des matériels prennent en compte les contraintes propres au continu (arc électrique persistant, polarité fixe) [2][3].

Impact pour le particulier belge et son installateur

Pour un ménage qui prévoit en 2026 une installation photovoltaïque, l'ajout d'une batterie de stockage ou la pose d'une borne de recharge DC, le RGIE 2026 ne complique pas le projet : il l'encadre. Concrètement :

  • Tout nouveau chantier déposé après le 1er avril 2026 doit respecter les nouvelles prescriptions DC. Le rapport de l'organisme agréé statuera désormais explicitement sur la conformité du schéma de terre DC et sur les seuils différentiels.
  • Les installations existantes ne deviennent pas automatiquement non conformes du fait du changement de texte, mais toute modification, extension ou rénovation devra appliquer les règles 2026 [2].
  • La certification RESCert de l'installateur PV ou borne reste indispensable pour l'octroi des primes wallonnes et bruxelloises ; le RGIE 2026 ne modifie pas ce point.

En Belgique, toute installation électrique domestique est soumise au Règlement Général sur les Installations Électriques (RGIE). Une installation non conforme au RGIE expose les occupants à un risque grave d'incendie et d'électrocution ; la conception, la réalisation et la mise en conformité d'une installation électrique relèvent d'un professionnel qualifié, sans exception. Ce risque ne tolère aucun euphémisme. Le RGIE impose un contrôle de conformité par un organisme agréé indépendant (par exemple Vinçotte, Normec BTV, ACEG) avant la mise en service de toute installation électrique neuve ou rénovée, ainsi qu'à l'occasion de la vente d'un logement. En cas de non-conformité constatée lors d'une vente, l'acquéreur dispose de dix-huit mois pour mettre l'installation aux normes. Sans rapport de contrôle positif, le gestionnaire de réseau ne procède pas au raccordement.

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Sources

  1. Normec BTV : Modifications RGIE 2026
  2. Certinergie : RGIE 2026 : ce qui change pour votre installation électrique
  3. Volta : 2026 et au-delà, ce que le RGIE va transformer dans vos installations électriques
  4. Group SECO : RGIE 2026, des changements concrets pour vos installations électriques