Relais Temporisé : Guide Complet du Câblage en Tableau Industriel

Dernière mise à jour : Mai 2026

Un relais temporisé est un relais auxiliaire qui retarde l'établissement ou la coupure d'un circuit selon une durée programmée, de la fraction de seconde à plusieurs centaines d'heures ; il pilote toujours une charge de commande (bobine de contacteur, voyant, automate), jamais directement un moteur. En tableau industriel belge, ces modules de 17,5 mm orchestrent démarrages étoile-triangle, cascades de charges et préavis d'alarme conformes au Livre 1 du RGIE [1].

Sommaire

Qu'est-ce qu'un relais temporisé et à quoi sert-il vraiment ?

Le relais temporisé est un relais auxiliaire électromécanique ou électronique qui introduit un délai paramétrable entre l'ordre de commande reçu sur sa bobine et la commutation effective de ses contacts. Contrairement à un contacteur de puissance qui interrompt directement le courant de charge, le relais temporisé pilote la bobine d'un contacteur, une entrée d'automate, un voyant ou un avertisseur. Ses contacts à commutation modeste (typiquement 5 à 10 A en AC1, parfois 16 A sur certains modèles bâtiment comme le Hager EPS450B [3]) ne sont pas conçus pour absorber le courant de démarrage d'un moteur triphasé.

Trois familles d'usages dominent en tableau industriel belge :

  • Séquençage de démarrage moteur : commutation étoile-triangle, démarrage en cascade de plusieurs moteurs, mise en service décalée d'auxiliaires (ventilateurs, pompes de lubrification).
  • Logique de sécurité : préavis sonore avant fermeture d'une porte automatique, temporisation avant déclenchement d'un asservissement, retard d'alarme pour filtrer les faux positifs.
  • Gestion énergétique : délestage temporisé de charges non prioritaires, extinction différée d'éclairage de zones techniques, séquences d'arrêt propre d'équipements thermosensibles.

Le relais temporisé s'intercale donc en amont du contacteur de puissance, dans la partie commande du tableau, et non dans la partie distribution. Cette distinction conditionne son dimensionnement et sa position sur le rail DIN.

Quelles fonctions de temporisation choisir selon l'application ?

Le marché distingue deux fonctions cardinales, qu'il faut savoir combiner :

Fonction Comportement Application typique
Retard à l'enclenchement (ON-delay, AI) Mise sous tension de la bobine → attente du délai T → fermeture du contact Démarrage étoile-triangle (phase étoile = T), cascade de démarrage de moteurs, préchauffe avant injection
Retard au déclenchement (OFF-delay, BE) Coupure de la bobine → maintien du contact pendant T → ouverture Ventilation post-arrêt, extinction différée d'éclairage de cage d'escalier, refroidissement de variateur
Impulsion à l'enclenchement (DI) Contact fermé pendant T puis ouvert tant que la bobine reste alimentée Impulsion de commande automate, déverrouillage temporisé
Flasher symétrique (SW) Alternance ON/OFF de période T Signalisation clignotante, voyant d'alerte

Un timer multifonction comme la série Finder 80 réunit plusieurs de ces fonctions sur un seul module 17,5 mm, avec une plage d'alimentation universelle 12-240 V AC/DC et une plage de temporisation continue de 0,1 s à 24 h selon le calibre choisi. Schneider décline la même logique avec la gamme Zelio RE17 ; ABB propose le CT-MFD ; Crouzet la gamme Syrelec. Le choix se joue moins sur la marque que sur trois critères techniques : la fonction (ou les fonctions, pour un multifonction), la plage de temps couverte (du dixième de seconde à plusieurs centaines d'heures), et la tension d'alimentation de la bobine (24 V DC pour l'interface automate, 230 V AC pour la commande directe sur tableau).

L'ELL Store, situé au 246 Chaussée de Jolimont à La Louvière, maintient en stock permanent les références Schneider Zelio, Hager EC410 et Finder 80 ; les artisans du Centre, de Charleroi et de Mons y trouvent au comptoir les calibres courants pour un dépannage le jour même.

Comment câbler un relais temporisé dans un tableau industriel ?

Un relais temporisé modulaire à rail DIN expose typiquement quatre familles de bornes : alimentation de la bobine, entrée de signal de démarrage externe (sur les modèles multifonction), et contacts inverseurs (NO, NC, commun). Le repérage suit la norme IEC : A1/A2 pour la bobine, B1 pour le signal de commande externe le cas échéant, 15-16-18 (ou 11-12-14) pour les pôles d'un contact inverseur.

Le câblage type d'un démarrage étoile-triangle illustre la logique :

  1. A1/A2 : alimentation permanente du relais en 230 V AC, prise depuis la phase de commande protégée par un disjoncteur dédié (typiquement 2 A courbe C).
  2. Contact NO temporisé (15-18) : insertion en série avec la bobine du contacteur étoile KMy, qui démarre fermé en début de cycle puis s'ouvre au bout de T pour libérer KMy.
  3. Contact NC temporisé (15-16) : insertion en série avec la bobine du contacteur triangle KMΔ, qui démarre ouvert et se ferme une fois T écoulé.
  4. Inter-verrouillage : un contact auxiliaire NC de KMy en série avec la bobine de KMΔ, et inversement, pour interdire toute fermeture simultanée des deux couplages [3].

La règle de sécurité absolue : la commutation entre étoile et triangle ne doit jamais permettre les deux contacteurs fermés en même temps, sous peine de court-circuit triphasé en aval du moteur. L'inter-verrouillage mécanique (barre liée entre KMy et KMΔ) double l'inter-verrouillage électrique.

Pour les boucles d'urgence, le relais temporisé alimentant une alarme sonore se câble en sortie d'un capteur (porte, niveau, fin de course) sur l'entrée B1, en mode OFF-delay : le contact reste fermé pendant la durée de préavis (typiquement 5 à 10 secondes) avant de basculer, laissant le temps à l'opérateur de réagir. La section des conducteurs de commande reste de 1,5 mm² minimum, la borne A1 doit être protégée par un parafoudre Type 2 si le tableau est exposé à une cabine de transformation ou à une alimentation aérienne. Pour approfondir la chaîne de protection amont, voir notre guide du tableau électrique conforme RGIE et de son câblage.

Quels modèles modulaires retenir pour un tableau RGIE conforme ?

Trois critères dimensionnants pour un choix industriel rationnel :

  • Densité d'occupation : un module 17,5 mm libère trois fois plus d'emplacements qu'un relais industriel à embrochage classique 53 mm. Sur un tableau saturé, le multifonction Finder 80.01 ou le Schneider Zelio RE17 RMMW (0,1 s à 100 h, SPDT, 8 A) couvre 80 % des besoins en un seul slot.
  • Plage d'alimentation universelle : les modèles 12-240 V AC/DC tolèrent les variations d'auxiliaires d'automate (24 V DC) comme la commande directe 230 V AC, ce qui sécurise les modifications futures sans changer de référence.
  • Diagnostic visuel : LED d'état bobine, LED d'état contact, et bouton de test sur les gammes RE22 ou EPS450B [3]. Pour un mainteneur en astreinte, cette information lue en deux secondes évite l'instrumentation au multimètre.

Le Hager EC410 reste la référence éprouvée pour la temporisation cage d'escalier en bâtiment tertiaire, complété par la gamme EPS450B pour les fonctions de relais latch temporisé en 16 A 230 V sous 18 mm modulaires [3]. Pour les applications industrielles exigeantes (vibrations, températures étendues, atmosphères salines), l'ABB CT-MFD ou les blocs Dold série BC complètent l'éventail. La conformité électromagnétique CE et la déclaration selon IEC 61810 (relais élémentaires électromécaniques basse tension, jusqu'à 1000 V AC / 1500 V DC) restent un prérequis pour toute mise en œuvre RGIE.

Quelles obligations RGIE pour un tableau industriel équipé de relais temporisés ?

En Belgique, toute installation électrique domestique est soumise au Règlement Général sur les Installations Électriques (RGIE). Une installation non conforme au RGIE expose les occupants à un risque grave d'incendie et d'électrocution ; la conception, la réalisation et la mise en conformité d'une installation électrique relèvent d'un professionnel qualifié, sans exception. Ce risque ne tolère aucun euphémisme.

Pour un tableau industriel, le cadre s'appuie sur le Livre 1 du RGIE (installations à basse tension et à très basse tension), approuvé par l'arrêté royal du 8 septembre 2019 et d'application depuis le 1er juin 2020 [1]. Un tableau de commande équipé de relais temporisés relève du périmètre « installations non domestiques » dès lors qu'il alimente une activité professionnelle ; à ce titre, il est soumis :

  • à un contrôle avant mise en usage par un organisme agréé indépendant (Vinçotte, Normec BTV, ACEG, SGS, Socotec) avant raccordement par le GRD [2] ;
  • à une visite périodique tous les 5 ans pour les installations fixes standard, ramenée à 1 an pour les installations transportables, mobiles, temporaires, les zones à risque d'explosion et la haute tension [2] ;
  • au respect des règles de séparation entre commande et puissance, de repérage des conducteurs, et de protection différentielle adaptée à la nature de la charge pilotée par les contacteurs.

Le contrôle porte sur l'ensemble du tableau, y compris la cohérence du câblage de commande : continuité des conducteurs de protection, identification des bornes A1/A2, sections conformes, et présence d'inter-verrouillages sur les schémas étoile-triangle. Un défaut de repérage ou un schéma de câblage absent du tableau entraîne un rapport négatif, ce qui bloque la mise en service.

L'article 270 du Livre 1 RGIE impose au maître d'ouvrage de tenir à disposition de l'organisme agréé le schéma unifilaire et le schéma de commande détaillé. Un tableau industriel sans documentation à jour ne passe pas le contrôle, indépendamment de la qualité du matériel installé.

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Sources et Références

  1. SPF Économie : Livre 1 du Règlement général sur les installations électriques
  2. SPF Économie : Types de contrôle des installations électriques non domestiques
  3. Hager : EPS450B, relais à impulsion électronique avec temporisation, fiche produit

Quelle différence entre un relais temporisé et un contacteur ?

Un contacteur commute des charges de puissance (moteurs, résistances) sur ordre direct d’une bobine, sans retard intégré. Un relais temporisé est un relais auxiliaire qui introduit un retard programmé à l’enclenchement ou au déclenchement et pilote ensuite la bobine d’un contacteur de puissance ; ses contacts (typiquement 5 à 10 A en AC1) ne sont pas dimensionnés pour la charge moteur directe [3].

Quelle largeur DIN pour un relais temporisé modulaire ?

Les références industrielles standardisées en tableau occupent un seul module de 17,5 mm pour les modèles électroniques compacts (Finder 80 série, Schneider Zelio RE17). Certains modèles à fonctions étendues ou contacts renforcés montent à 22,5 mm voire 18 mm pour la gamme bâtiment Hager EPS450B [3]. Cette compacité conditionne le réservoir d’emplacements à prévoir dans le rail.

Le RGIE impose-t-il un contrôle pour un tableau industriel équipé de relais temporisés ?

Oui. Toute installation non domestique en basse tension est soumise au Livre 1 du RGIE et doit faire l’objet d’un contrôle par un organisme agréé avant mise en usage, puis d’une visite périodique tous les 5 ans (annuelle pour les zones explosives, le matériel mobile et la haute tension) [1][2]. La présence de relais temporisés ne modifie pas cette obligation.

Quelle plage de temporisation choisir pour un démarrage étoile-triangle ?

Pour un moteur asynchrone triphasé, la phase étoile dure typiquement de 3 à 10 secondes selon l’inertie de la charge entraînée. Un relais temporisé dédié étoile-triangle (ou un multifonction réglé en ON-delay) couvre cette plage sans difficulté et intègre l’inter-verrouillage temporel entre les contacteurs Y et Δ [3].